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    L’élevage de races de chats déformées est-il contraire à l’éthique ?

    L'élevage de races de chats déformées est-il contraire à l'éthique ?Au fil des siècles, les éleveurs ont soigneusement sélectionné les chats possédant une ou plusieurs caractéristiques particulières, dans le seul but d’atteindre un idéal esthétique. Cet idéal étant très subjectif, il a donné naissance à une multitude de races aux traits spécifiques. Ainsi le chat Persan a-t-il un corps trapu, un long pelage, ainsi qu’un museau court et écrasé, tandis que l’Abyssin possède une silhouette longiligne et élancée, avec un museau standard et un poil court. Le Scottish Fold a quant à lui de petites oreilles repliées vers l’avant de la tête. Ce ne sont là que quelques exemples parmi tous ceux permettant de distinguer les différents standards élaborés par l’homme.

    Néanmoins, la sélection opérée génétiquement a passé outre la nature, allant parfois jusqu’à transcender ses lois en modifiant leur apparence au-delà du raisonnable. Mais cela n’est pas sans conséquences. Le nez écrasé des chats Persans pose souvent des problèmes respiratoires, la queue absente ou quasi inexistante des Manx handicape leur sens de l’équilibre et donc leurs déplacements, tandis que l’absence de pelage du Sphynx perturbe la thermorégulation de son corps. Toutes ces malformations imposées à l’organisme de nos félins trouvent bel et bien leur source dans la reproduction sélective.

    L'élevage de races de chats déformées est-il contraire à l'éthique ?A l’origine, ce concept remonte aux temps bibliques, où l’on trouve déjà ce type de référence avec Jacob, qui sépare les moutons mouchetés des moutons blancs. Cela existait peut-être même durant la préhistoire. Notre curiosité et notre habileté à combiner les traits génétiques de différentes variétés d’animaux pour les élever ne devrait-elle pas avant tout être tempérée par le souci de la santé de l’animal ? Toutes les races créées artificiellement par nos soins servent-elles d’autres intérêts que les nôtres ?

    Les éleveurs souhaitent généralement « améliorer » la race dont ils s’occupent. Mais en mesurent-ils pleinement les conséquences ? A bien y réfléchir, de quel droit une seule espèce, si évoluée soit-elle, pourrait-elle s’allouer la permission de jouer les apprenties sorcières avec le fruit de milliers d’années d’évolution ? Les critères humains ne touchent que l’esthétique en ce qui concerne les chats, mais globalement, ils ne servent toujours que notre intérêt propre, hypertrophiant certaines parties du corps des volailles que nous voulons consommer.

    Si les chats de compagnie étaient sélectionnés dans le but de nous être utiles, sans doute n’y aurait-il pas de chats blancs ou nus, sans queue ou avec un nez applati. Mais il n’en est rien, puisqu’ils sont destinés à devenir nos compagnons dévoués. Les éleveurs cherchent à les améliorer en jouant sur certaines valeurs esthétiques, tout en veillant à préserver leur santé et leur tempérament. Mais le désir de créer quelque chose d’unique et de nouveau est parfois le plus fort, ce qui peut conduire à l’apparition de sujets qui ne seraient pas viables à l’état sauvage, mais qui se révèlent très alléchants d’un point de vue commercial.

    Toutefois, cela ne revient pas à dire que les éleveurs sont uniquement motivés par l’argent. La plupart recherchent réellement l’amélioration des caractéristiques existantes, comme étoffer la palette des robes d’une race ou éradiquer une maladie héréditaire par exemple. Certains recherchent l’amélioration d’une partie du corps. Lorsque l’on vise à ôter certains attributs à un animal, il faut cependant songer aux conséquences qui en découleront pour lui.

    Avec ses pattes courtes, le Munchkin ne peut pas sauter sur les points hauts. Le Manx et le Cymric présentent souvent une malformation des pattes qui pose problème lorsqu’ils se déplacent, les contraignant à sautiller ou boiter pour compenser ce handicap. Or, ces races découlent directement de chats ayant à l’origine présenté une difformité jugée intéressante par les éleveurs. Il semble difficile de déterminer où se situe la solution lorsque la mutation engendre un préjudice pour l’animal. A partir de quel moment peut-on parler de malformation? Faut-il stériliser d’office les chatons naissant malformés ?

    L'élevage de races de chats déformées est-il contraire à l'éthique ?

    Source : angelk

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