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L’abeille et l’éléphant

L'abeille et l'éléphantL’abeille mellifère domestique nous rend de précieux services depuis des millénaires en partageant avec nous ses récoltes et leurs produits dérivés.

Cette petite industrieuse exemplaire est notre alliée, nous n’en doutons pas, mais depuis peu, elle l’est aussi sous un jour tout à fait inattendu.

Notre pourvoyeuse préférée en miel, gelée royale et autre propolis se fait également à ses heures perdues gardienne d’éléphants.

En Afrique de l’Est, on a constaté que les éléphants épargnaient davantage les acacias investis par des essaims d’abeilles et qu’ils taillaient un nouvel itinéraire pour éviter de rencontrer une ruche. Eh oui, les éléphants ont une peur bleue des abeilles, et pour cause. Il semble que nos Apis mellifera scutellata choisissent la peau fine du contour de l’oeil et la muqueuse sensible interne de la trompe pour planter leur dard, et d’après les dires de témoins, l’éléphant qui en fait la terrible expérience devient comme fou et … ne l’oublie jamais.

L'abeille et l'éléphant

Par ailleurs, les relations entre les populations locales et les pachydermes sont de plus en plus tendues. Désormais protégé, l’éléphant voit sa population s’accroître tandis que son territoire diminue au profit des cultures et des habitations humaines. Il s’ensuit que notre éléphant programme de temps en temps des incursions non désirées hors de sa réserve pour améliorer son ordinaire, ce qui ne va pas sans provoquer des dégradations importantes, voire des accidents.

L'abeille et l'éléphant

Lucy King, une scientifique de l’Université d’Oxford, a eu l’idée d’utiliser la peur des éléphants envers les abeilles pour résoudre le conflit. Elle a conçu un projet pilote au Kenya, où dix-sept fermes ont été entourées de barrières à ruches (placées tous les dix mètres et reliées par une corde) tandis que dix-sept autres étaient clôturées par des haies d’épineux traditionnelles. Le résultat a été sans appel et les barrières à ruches l’ont emporté haut la main : lorsque les éléphants touchent la corde, les ruches sont bousculées et les abeilles s’énervent. Dans les dix secondes qui suivent, 90% des éléphants battent des oreilles, s’aspergent de poussière (dusting) et prennent leurs jambes à leur cou, et les fermes sont épargnées. Plus encore, ils émettent un grondement caractéristique qui semble signifier « danger abeilles ! » pour avertir leurs semblables. Ce qui fait que l’on peut obtenir le même résultat en faisant écouter aux éléphants une bande enregistrée de ce même grondement !

L'abeille et l'éléphant

Les avantages de ces barrières à ruches sont multiples. Non seulement elles constituent une source de revenus supplémentaires (vente du miel) pour les fermiers, mais elles permettent également une garde permanente, efficace, peu coûteuse et en même temps passive, qui permet aux fermiers de se détendre et de relâcher la pression. Ces barrières à ruches remportent un franc succès au Kenya depuis quelques années et la Tanzanie et l’Ouganda envisagent d’utiliser le même procédé pour protéger leurs champs cultivés des éléphants. La chercheuse britannique a été récompensée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement pour sa solution « pacifiste », « travaillant avec la nature plutôt qu’à son encontre ».

Il serait vraiment dommage que les abeilles disparaissent lorsque l’on voit les merveilles dont elles sont capables. Ces sentinelles et gardiennes de la paix permettent à l’homme de se réconcilier avec la nature, et l’on en vient à regretter que les loups et les ours réintroduits dans nos contrées ne puissent bénéficier de telles médiatrices…

L'abeille et l'éléphant

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.futura-sciences.com/

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/

http://www.especes.org/

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